Gagner la paix


Les fondations sont posées. Notre nouveau Centre de paix de Kadesh a ouvert ses portes en janvier dans le petit village de Tell Nabi Mendo, près de Qusayr, dans le gouvernorat de Homs, en Syrie. Plus de 100 enfants sont inscrits à nos cours quotidiens, en plus des 400 élèves que nous accueillons chaque jour au nord du Liban. Sept enseignants, deux artisans et trois employés locaux assurent l’aide aux devoirs et les cours de formation professionnelle, mais aussi des ateliers d’art et de théâtre et les animations hebdomadaires pour les enfants, le fameux « Friday Fun ».
Le peuple syrien a gagné la guerre contre la dictature et l’oppression. La plupart des familles réfugiées que nous avons accompagnées au Liban pendant plus de dix ans sont rentrées. Mais elles sont rentrées dans un champ de ruines, où l’espoir est la seule graine qui germe. Dans la région de Qusayr, plus de 85 % des bâtiments ont été détruits par le régime d’Assad ou par d’autres factions. L’espoir est revenu, mais l’espoir seul ne suffit pas à reconstruire un pays. Le peuple syrien a besoin de la solidarité internationale, aujourd’hui plus que jamais, pour ouvrir un nouveau chapitre. Dans le même temps, notre action au Liban se poursuit sans interruption. Des deux côtés de la frontière, nous avons réuni d’anciens ennemis autour d’une cause commune : un avenir meilleur pour la jeunesse. La reconstruction va de pair avec l’éducation et le soutien psychosocial pour gagner la bataille de la justice et de la paix.
En cet été de solidarité transfrontalière, nous avons besoin de 30 000 € pour achever la réhabilitation du nouveau Centre de paix de Kadesh, maintenir les cours de rattrapage et organiser des camps de jeunes en Syrie et au Liban. Vous trouverez tous les détails ci-dessous !
Le Centre de paix de Kadesh prend forme






Ces derniers mois, notre équipe en Syrie s’est mobilisée pour lancer le soutien scolaire et la formation professionnelle au nouveau Centre de paix de Kadesh, au service des familles qui rentrent en Syrie. Le travail a bien avancé : plus de 100 enfants de 7 à 18 ans sont déjà inscrits, grâce notamment au soutien d’un magnifique fest-noz en Bretagne et à une première subvention de l’UNESCO, obtenue par l’intermédiaire d’une ancienne bénévole de R&R. Mais il nous faut aujourd’hui un peu plus pour aménager un espace de vie au Centre de paix, afin que des bénévoles internationaux puissent rejoindre l’équipe dès cet été, en Syrie aussi. Le coût de cette partie des travaux d’été est estimé à 10 000 €. En voici le détail en dollars américains :
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1 300 $ – portes et fenêtres en bois
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1 100 $ – enduits, carrelage et faïence de la salle de bains
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1 500 $ – installations électriques
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1 000 $ – mobilier de chambre pour 4 bénévoles internationaux
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1 200 $ – équipement de cuisine (réfrigérateur, lave-linge, cuisinière, etc.)
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2 200 $ – construction de 2 chambres supplémentaires pour les bénévoles femmes
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1 000 $ – mobilier des chambres des bénévoles femmes
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1 000 $ – peinture des nouvelles pièces
Selon le succès de cette campagne, des bénévoles internationaux vivront au Centre de paix de Kadesh dès la fin de cet été. Aujourd’hui déjà, les bénévoles de R&R qui résident au Centre de paix au Liban traversent régulièrement la frontière pour développer des projets avec notre équipe locale et donner forme à ce nouvel espace de réconciliation. Pour en savoir plus sur la situation actuelle et l’histoire de Kadesh, lisez notre article précédent.

Nos enseignants locaux se battent pour les enfants que nous accompagnons
Sept enseignants locaux ont commencé à donner des cours quotidiens au Centre de paix de Kadesh. Trois d’entre eux étaient déjà bénévoles chez nous au Liban, alors qu’ils étaient eux-mêmes réfugiés. Les autres étaient déplacés à l’intérieur de la Syrie. Tous ont perdu des êtres chers au cours de 13 années d’oppression et de guerre civile. Aujourd’hui, ils investissent dans l’avenir de la génération suivante et donnent tout pour la réussite des enfants. Les cours de rattrapage sont essentiels pour permettre aux élèves de réintégrer le système scolaire syrien après des années de déplacement et d’exil. Beaucoup des enfants que nous accompagnons ont suivi, dans leurs premières années de scolarité, le programme turc ou le programme libanais en français. Ils s’efforcent désormais de s’adapter et d’apprendre les mathématiques dans leur langue maternelle.
Tous nos enseignants, sept en Syrie et vingt-trois au Liban, ont accepté de terminer cette année scolaire sans garantie d’être payés à temps. Relief & Reconciliation repose principalement sur de petits dons privés. Ce choix est fidèle à nos principes de solidarité spirituelle et à notre engagement pour des programmes de long terme, menés avec les communautés que nous servons. Nos cours fonctionnent ainsi sans interruption depuis plus de treize ans, sans avoir manqué un seul jour d’école. Cette approche a toutefois un prix : l’imprévisibilité et l’incertitude de dons irréguliers. Atteindre la fin de l’année scolaire a toujours été un combat, mais grâce au soutien de nos membres et de nos donateurs, nous y sommes toujours parvenus.
Il nous faut actuellement environ 10 000 € pour payer les deux derniers mois de l’année scolaire et poursuivre des cours de rattrapage intensifs pendant l’été, en Syrie comme au Liban. Nos enseignants sont rémunérés à un tarif local modeste, entre 4 € et 10 € de l’heure selon leur ancienneté et leur expérience. Beaucoup d’entre eux sont avec nous depuis le tout début de notre action, il y a treize ans.
Grâce à votre aide, nous pourrons proposer des cours de rattrapage d’été, en Syrie comme au Liban, à plus de 200 enfants qui ont besoin d’une attention particulière, parmi les 500 que nous avons accompagnés tout au long de l’année scolaire. Pour en savoir plus sur l’évaluation de notre travail éducatif, lisez notre article précédent.

Rassembler la jeunesse
Cet été, nous franchissons une étape importante : pour la première fois, le camp d’été annuel en montagne aura lieu à la fois en Syrie et au Liban. Côté libanais, la tradition est bien établie. Depuis neuf années consécutives, nous réunissons dans les hautes montagnes du Akkar des musulmans et des chrétiens de différentes confessions. Plus de 500 adolescents et enfants forment aujourd’hui la Jeunesse abrahamique, un mouvement scout interreligieux dans lequel de jeunes responsables musulmans et chrétiens prennent en charge les plus jeunes.
En Syrie, beaucoup de nos anciens élèves nous ont demandé de faire de même. C’est une étape majeure pour nous, car nous souhaitons rassembler les jeunes de différentes communautés pour qu’ils prennent des responsabilités au service du bien commun. Nous estimons le coût des deux camps d’été à environ 10 000 € : environ 8 000 € pour un camp d’une semaine au Liban avec 80 jeunes responsables de 15 à 21 ans et 400 enfants plus jeunes, et environ 2 000 € pour un camp de deux jours en Syrie avec une douzaine de nouveaux jeunes responsables et une centaine d’enfants plus jeunes. Le camp syrien est un premier pas vers un mouvement de jeunesse interreligieux et solidaire, comme celui qui est né au Liban après 13 ans de présence continue sur le terrain. C’est une étape importante pour toute la région.
Retrouvez sur notre site les photos et les comptes rendus des précédents camps d’été en montagne au Liban. Votre aide est essentielle pour offrir la même chance aux jeunes Syriens qui s’efforcent de reconstruire leur pays.

Votre soutien permet aux graines d’espoir de grandir
La répression brutale de la révolution syrienne par le régime d’Assad a plongé le pays dans 13 années de guerre civile, qui a souvent suivi des lignes confessionnelles. Assad, membre de la communauté alaouite, qui a connu des siècles de persécution et de discrimination, se présentait comme le « protecteur des minorités ». En réalité, son régime prenait en otage sa propre communauté et d’autres encore, dans un système qui attisait la peur de « l’autre » comme instrument de contrôle et d’oppression. La guerre civile a fait plus de 500 000 morts et chassé plus de 13 millions de personnes de chez elles : la plus grande crise de réfugiés du siècle dans le monde.
La Syrie commence à guérir. Les gens tentent de surmonter le traumatisme de crimes contre l’humanité effroyables et d’années de déplacement, mais beaucoup de blessures restent ouvertes. La région de Qusayr est l’une des plus durement touchées par la haine génocidaire. L’année de transition qui a suivi la chute d’Assad, le 8 décembre 2024, a été marquée par de nouveaux massacres de civils de certaines communautés, principalement alaouite et druze, commis par des forces affiliées au gouvernement de transition en représailles à des attaques de groupes armés, eux-mêmes liés à l’ancien régime ou à certaines factions au sein de ces communautés. La guerre contre Assad a été gagnée par le peuple syrien. Le défi, désormais, est de gagner aussi la paix.
Petite association fondée par un groupe d’amis de Syrie et du monde entier, nous nous efforçons de soutenir le processus de justice et de réconciliation, en rassemblant les jeunes de différentes communautés pour qu’ils reconstruisent leur pays sans renier leur appartenance ni leurs convictions. Nous réunissons les responsables religieux des différentes communautés présentes dans chaque région, ainsi que des personnes engagées. Notre approche de diapraxis, de solidarité spirituelle et d’appropriation locale signifie que les décisions essentielles sont toujours prises par les personnes que nous servons, et non par-dessus leur tête. Nos bénévoles internationaux ne sont d’ailleurs jamais mieux payés que le personnel local. En plus de 13 ans, nous avons toujours maintenu nos frais généraux sous la barre de 1 % de nos recettes totales.
Votre aide est essentielle pour soutenir une transition pacifique en Syrie et donner une nouvelle chance aux jeunes après des années d’oppression, de guerre et d’exil. Ce travail ne peut réussir que dans le respect de la liberté de chacun, mais aussi des familles, des groupes et des communautés auxquels chacun appartient. Merci pour votre contribution !
Comment devenir bénévole au Liban ou en Syrie ?
Mis à jour le 03/07/2026. Dans une version précédente, le coût du camp d’été au Liban était estimé à 7 000 € au lieu de 8 000 €.
