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La terrasse du Centre de paix de Qantara, avec vue sur les collines du Akkar

Relief & Reconciliation

Les Centres de paix

Nos Centres de paix sont le cœur et l’âme de Relief & Reconciliation. Ce sont des maisons ouvertes aux jeunes de toutes les communautés dans les régions frontalières du Liban et de la Syrie, des lieux d’apprentissage pour les enfants syriens et libanais, le foyer de nos bénévoles internationaux et la base de toute notre action.

Où nous travaillons

Nos deux Centres de paix se trouvent de part et d’autre de la frontière entre le Liban et la Syrie, à seulement 35 km environ à vol d’oiseau, dans une région où sunnites, chrétiens et alaouites vivent côte à côte depuis des siècles. Depuis Bruxelles, il y a environ 3 100 km.

Positions approximatives. Carte : Natural Earth.

Qantara · Akkar, Liban du Nord · Depuis 2013

Le Centre de paix au Liban

Notre premier Centre de paix a ouvert ses portes en juillet 2013 à Bkarzla, un village maronite situé à 12 km de la frontière syrienne, qui avait offert un abri et du travail à des réfugiés syriens. Nous y avons été heureux pendant douze ans. Lorsque de nombreuses familles se sont préparées à rentrer en Syrie, nous nous sommes installés dans le village voisin de Qantara, où l’école publique et la vieille maison qui lui fait face étaient devenues vacantes. Ce déménagement répondait à des raisons pratiques, mais il exprimait aussi une conviction : notre présence au Akkar n’est pas temporaire.

Le Centre de paix est bien plus qu’une maison d’hôtes. Les bénévoles internationaux qui y vivent forment une petite communauté à part entière, ouverte à tous, qui s’efforce de vivre concrètement la solidarité spirituelle. Ses membres ne vivent pas seulement dans la diversité, ils la partagent, et découvrent l’hospitalité abrahamique qui marque cette région depuis des siècles, surtout dans ses villages ruraux pauvres. Des musulmans, des chrétiens, des juifs, des bouddhistes et des hindous pratiquants ont vécu et travaillé avec nous, tout comme des athées, des agnostiques et des personnes d’autres convictions.

Des enfants et des adolescents de toutes confessions, libanais et syriens, viennent au Centre de paix pour suivre des cours, recevoir un soutien psychosocial et une aide matérielle. Nous avons choisi un lieu sûr, en pleine nature, pour que les enfants marqués par la guerre puissent respirer.

Au fil des ans, nous avons ouvert d’autres écoles de camp et centres d’apprentissage en divers lieux du Akkar, à l’image de la diversité de la région : certains comme antennes permanentes louées par R&R, d’autres comme hôtes d’associations locales. En moyenne, nous assurons des cours dans cinq centres d’apprentissage. Nos enseignants locaux et nos bénévoles internationaux ont donné cours chaque jour, sans manquer un seul jour d’école, même en temps de crise et de guerre. Nous avons aussi distribué une aide d’urgence aux réfugiés nouvellement arrivés, et nous continuons d’aider les familles dans leurs besoins les plus urgents.

Le premier Centre de paix, à Bkarzla
Le premier Centre de paix, à Bkarzla

Les régions frontalières, une terre d’hospitalité

Le Akkar est la région la plus pauvre du Liban et celle qui a accueilli la plus forte proportion de réfugiés par habitant. Au plus fort de la guerre, on y comptait presque un réfugié pour chaque habitant. Les pauvres ont accueilli les plus pauvres. Sunnites, chrétiens et alaouites vivent ici côte à côte, et les liens familiaux traversent la frontière syrienne depuis des générations. L’hospitalité reste une règle sacrée : parcourez ces collines à pied, et l’on vous invitera à prendre un café ou un thé.

À notre arrivée en 2013, le Akkar était secoué par des affrontements confessionnels entre villages sunnites et alaouites, selon le camp qu’ils soutenaient dans la guerre syrienne. Certains chrétiens y ont aussi été entraînés, selon l’appartenance de leur parti. L’emplacement de notre premier Centre de paix a été choisi avec un comité de pilotage régional réunissant des autorités morales de toutes les communautés. Aujourd’hui, la paix civile est revenue, grâce aussi aux responsables religieux qui se réunissent chaque mois depuis que notre comité de pilotage les a invités pour la première fois en 2013.

Carte du Akkar indiquant les camps de réfugiés informels et les centres d’apprentissage de R&R

La Jeunesse abrahamique

Des jeunes qui prennent leurs responsabilités

En treize ans, nos élèves sont devenus un mouvement à part entière. Plus de 500 enfants et adolescents, musulmans et chrétiens, libanais et syriens, forment la Jeunesse abrahamique, un mouvement scout interreligieux. Des jeunes responsables de 15 à 21 ans prennent en charge les plus jeunes, chaque semaine et lors du camp d’été en montagne, organisé chaque année depuis 2017.

En 2022, 80 jeunes responsables ont interrogé plus de 800 enfants et rédigé une Charte des droits de l’enfant, adoptée avec les responsables religieux du Akkar. En 2025, ils ont interrogé les familles de 703 enfants pour notre évaluation annuelle. En Syrie, beaucoup de nos anciens élèves nous ont demandé de construire le même mouvement. Un premier camp en Syrie, avec une douzaine de nouveaux jeunes responsables, était prévu pour l’été 2026.

Beyond discrimination, they’re building the basis of a reconciled future for the generation of tomorrow.

Au-delà des discriminations, ils posent les bases d’un avenir réconcilié pour la génération de demain.

NOW Lebanon, 2024

Kadesh · gouvernorat de Homs, Syrie · Depuis 2026

Le Centre de paix en Syrie

Après plus de dix ans de guerre, le peuple syrien a libéré son pays de la dictature, mais le régime d’Assad a laissé derrière lui un champ de ruines. La plus grande crise de réfugiés de ce siècle touche à sa fin. En 2025, nous sommes retournés en Syrie avec les familles que nous accompagnions depuis 2013 au nord du Liban et par notre aide transfrontalière. En décembre 2025, nous avons fondé la branche syrienne de notre organisation et loué un local à Tell Nabi Mendo, l’antique cité de Kadesh, sur l’Oronte.

Le Centre de paix de Kadesh a ouvert ses portes au début de l’année 2026. Trois de nos sept enseignants locaux avaient déjà travaillé avec nous au Liban ; les autres ont survécu dans les ruines de la guerre ou sont revenus après avoir été déplacés à l’intérieur de la Syrie. Comme du côté libanais, la région est mixte depuis des siècles : une majorité sunnite y vit aux côtés de chrétiens, d’alaouites et d’autres communautés.

Les familles qui rentrent font face à d’immenses difficultés. 85 % des maisons de la région de Qusayr sont inhabitables, les revenus sont quasi inexistants et la reconstruction a à peine commencé. Nous préparons maintenant le centre pour que des bénévoles internationaux puissent, ici aussi, rejoindre l’équipe.

Vivre et travailler dans un Centre de paix

Nos bénévoles internationaux vivent avec nos équipes locales et partagent le quotidien des centres. Personne n’est mieux payé que le personnel local.

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