Reconstruire la Syrie

Soutenez notre nouveau Centre de paix à Kadesh
Tell Nabi Mendo, l’antique cité de Kadesh dans le gouvernorat de Homs : un lieu d’histoire et de résistance au régime d’Assad, aujourd’hui le site de notre premier Centre de paix en Syrie
Un an après la libération de la Syrie du régime d’Assad, nous sommes revenus, de l’autre côté de la frontière, avec celles et ceux que nous accompagnons depuis plus de 12 ans au Liban. Nous sommes revenus et nous avons commencé à reconstruire. Avant le premier anniversaire de la chute d’Assad, nous nous sommes réunis pour fonder la branche syrienne officielle de notre association, et nous avons signé le contrat de location du premier Centre de paix en Syrie, dans le village de Tell Nabi Mendo, l’antique cité de Kadesh, près de Qusayr, dans le gouvernorat de Homs.
Le père Paolo Dall’Oglio a foulé cette terre par solidarité avec la révolution syrienne, avant d’être expulsé de Syrie puis enlevé par le soi-disant État islamique (ISIS ou Daech). Aujourd’hui, nous honorons sa mission : fonder des centres de paix le long de l’Oronte, dans la région la plus mixte de Syrie, où musulmans et chrétiens de différentes confessions vivent côte à côte. Comme au cours des 12 dernières années de notre action constante dans les régions frontalières entre le Liban et la Syrie, nous souhaitons rassembler différents groupes autour d’une cause commune : un avenir meilleur pour la jeunesse.
Lisez ci-dessous le récit des visites de Paolo dans cette région et la présentation de notre nouveau Centre de paix. Nous avons besoin de votre soutien pour aider la jeunesse syrienne à reconstruire son pays, détruit par 54 ans de dictature et 14 ans de guerre.
La région de Qusayr, une terre sacrée

Vidéo publiée par S.N.N. : le père Paolo rompt son jeûne personnel à Qusayr le 4 juin 2012, en partageant un repas avec des représentants locaux de la révolution syrienne. C’est à cause de cette vidéo qu’il a été expulsé.
Qusayr revêt une importance particulière pour notre action. Cette ville mixte, où une majorité sunnite vit aux côtés de chrétiens, de chiites et d’alaouites, a été l’une des premières à se soulever contre la dictature d’Assad en 2011. Ce fut aussi l’un des premiers endroits où la lutte a pris un tour confessionnel. Le père Paolo Dall’Oglio, notre cofondateur et mentor, est venu deux fois dans cette ville en 2011/12 : il a négocié la libération d’otages et apporté un soutien pratique et moral à la population assiégée par le régime d’Assad. À cause d’une vidéo publiée pendant son second séjour, qui le montrait en train de rompre le jeûne avec des rebelles, le régime d’Assad l’a exilé en juin 2012.
L’histoire ne s’est pas arrêtée là. Qusayr a aussi été l’une des premières villes reprises par la force par les fidèles d’Assad. C’est là que le Hezbollah libanais, mandataire du régime iranien, est entré ouvertement pour la première fois dans la bataille aux côtés d’Assad. Plus de 60 000 habitants sunnites de Qusayr ont été tués ou déplacés. La plupart des réfugiés syriens que nous avons accompagnés au Liban au cours des 12 dernières années venaient de cette région. Tous ne sont pas encore rentrés, mais leur nombre augmente chaque jour. Les défis sont immenses : des années d’oppression et de guerre ont laissé de profondes blessures et un champ de ruines.
Des graines d’espoir dans un pays détruit
Assemblée constitutive de Relief & Reconciliation en Syrie, association enregistrée selon le droit syrien, avec des amis musulmans et chrétiens du père Paolo et des personnes revenues du Liban.
Dans la région de Qusayr, plus de 85 % des maisons sont détruites ou inhabitables. Les familles qui rentrent vivent souvent sous des tentes de fortune, au milieu des ruines de leurs anciennes maisons. La plupart des destructions ont été délibérément infligées par les troupes et les fidèles d’Assad après la reconquête de la région sur les rebelles révolutionnaires. Beaucoup des maisons restées debout ont été occupées par des familles libanaises affiliées au Hezbollah. Depuis la chute d’Assad, la situation s’est inversée. Presque tous les chiites, libanais comme syriens, ont fui au Liban. Les alaouites et les chrétiens sont restés, même s’ils vivent dans la peur constante de représailles ou d’enlèvements. Les familles de la majorité sunnite rentrent désormais dans la région et tentent de reconstruire un pays fondé sur la justice et l’État de droit.
Nous sommes retournés en Syrie le mois qui a suivi la libération du régime d’Assad, avec certaines des familles que nous avions accompagnées pendant douze ans dans les camps de réfugiés du nord du Liban. Nous avons suivi les traces du père Paolo et fait de nombreuses découvertes surprenantes. Lors de l’une de ses visites en 2012, nous a-t-on raconté, il a organisé l’achat et le transport d’un gros générateur jusqu’à Ayn Al-Tannour, au bord de l’Oronte, d’où Homs est alimentée en eau potable. Le siège des zones rebelles avait coupé les lignes électriques. Grâce au générateur apporté par Paolo, l’eau a pu couler de nouveau. Le directeur de la station de pompage locale se souvient bien de lui.
En solidarité avec la jeunesse syrienne
Nous avons trouvé une maison endommagée, dont les propriétaires ont fui à l’étranger, qui deviendra notre premier Centre de paix en Syrie. Tell Nabi Mendo, l’antique cité de Kadesh, où eut lieu la première bataille documentée de l’histoire de l’humanité, a une grande signification pour nous. Le village se trouve directement au bord de l’Oronte, près de Qusayr. Le père Paolo s’est rendu précisément dans cette région en 2012. Avant sa disparition forcée, il nous avait demandé d’être prêts, à la chute du régime d’Assad, à envoyer des bénévoles internationaux le long de l’Oronte, dans les régions mixtes où les minorités craindraient des représailles.
Grâce à votre généreux soutien, nous avons pu signer un contrat de location et commencer la réhabilitation de la maison. Les premiers cours de soutien scolaire doivent commencer en janvier. Nous avons mené une évaluation rapide des besoins et nous souhaitons offrir aux plus démunis des services semblables à ceux que nous proposons au Liban depuis plus de douze ans. La première priorité est la bonne intégration des élèves migrants dans les écoles publiques locales. La plupart des enfants qui reviennent du Liban ou de Turquie ont appris les mathématiques et les sciences en français ou en turc. Des cours intensifs d’arabe sont nécessaires pour leur permettre de rattraper le programme syrien et des années de chances perdues.
Dans les vidéos suivantes, vous pouvez découvrir par vous-même les environs et le toit-terrasse de notre nouveau Centre de paix, à seulement 20 m de l’Oronte :
Votre don a un effet direct
Vient ensuite le défi de la reconstruction. Grâce au soutien de l’UNESCO, obtenu par l’intermédiaire d’une ancienne bénévole de R&R, nous lançons des cours de formation professionnelle qui serviront aussi à la réhabilitation du Centre de paix endommagé. Mais il reste beaucoup à faire. Au terme de nos premières évaluations, nous proposons une approche intercommunautaire pour la reconstruction des maisons détruites. Les gens sur le terrain savent mieux que quiconque qui a le plus besoin d’aide. Le mécanisme de cette approche doit garantir une répartition équitable de l’aide, dans un processus ouvert et démocratique, avec la participation d’artisans et d’élèves locaux. La priorité ira aux foyers dirigés par des veuves ou des femmes seules sans revenu.
Vous trouverez ci-dessous la note conceptuelle avec plus de détails. Ce projet est trop important pour de petits dons privés ; il nécessitera des donateurs institutionnels. Mais le soutien de nos membres et amis à l’étranger nous permet d’en poser les fondations. Nous croyons au principe de la pauvreté dans l’aide humanitaire : de petits moyens peuvent faire bien plus que de grosses subventions publiques, grâce au leadership des communautés locales. Nos membres internationaux, y compris notre président Friedrich Bokern, travaillent comme bénévoles, sans salaire ni honoraires. Nous comptons sur vos contributions pour rénover la maison du Centre de paix et payer les enseignants locaux et d’autres activités pour les jeunes. Les coûts immédiats pour atteindre ces objectifs s’élèvent à environ 20 000 $ pour les mois à venir, en plus des 10 000 $ déjà reçus de l’UNESCO.
Faites passer le mot et faites un geste généreux dès aujourd’hui. Nos bénévoles et les jeunes que nous accompagnons sont l’avant-garde d’un monde où les gens sont unis dans la solidarité et l’hospitalité malgré leurs convictions ou leurs appartenances différentes. Vous pouvez faire partie de cette idée, comme donateur, comme membre ou comme bénévole.



